Emprunter à deux : co-emprunt, avantages et pièges à éviter
Tout savoir sur le co-emprunt immobilier : capacité d'emprunt doublée, solidarité des engagements, séparation et stratégies d'optimisation.
Le co-emprunt : acheter à deux pour emprunter plus
Emprunter à deux est la stratégie la plus simple pour augmenter sa capacité d'emprunt. En additionnant les revenus, on peut souvent doubler le montant accessible. Mais le co-emprunt implique des règles strictes et des risques souvent sous-estimés.
Comment fonctionne le co-emprunt ?
Lorsque deux personnes (couple marié, pacsé, en union libre, famille, amis) empruntent ensemble, la banque analyse les revenus cumulés mais aussi les charges cumulées. Le taux d'endettement est calculé sur le foyer.
Exemple :
- Personne A : 3 000 €/mois nets, aucun crédit
- Personne B : 2 000 €/mois nets, un crédit auto à 200 €/mois
- Revenus cumulés : 5 000 €/mois
- Mensualité maximale (35 %) : 1 750 € – 200 € = 1 550 €/mois disponibles pour le nouveau crédit
- Capacité d'emprunt à 3,30 % sur 25 ans : environ 300 000 €
Sans le co-emprunt, la personne A seule (revenus 3 000 €) aurait une capacité d'environ 180 000 €.
La solidarité : la règle fondamentale
Le co-emprunt implique une solidarité totale des engagements. Chaque co-emprunteur est responsable à 100 % du remboursement. Si l'un des deux ne peut plus payer, la banque peut exiger le remboursement intégral de l'autre.
Cette règle s'applique même en cas de séparation ou de divorce tant que le crédit n'est pas renégocié ou l'un des co-emprunteurs n'est pas désolidarisé.
Séparation : que se passe-t-il pour le crédit ?
La séparation est le principal risque du co-emprunt. Plusieurs options existent :
Option 1 : L'un rachète la part de l'autre
L'un des deux rachète la soulte (la part de l'autre) et fait racheter le crédit à son seul nom. Il doit alors démontrer qu'il peut assumer seul les mensualités (respecter le 35 % d'endettement). La banque doit accepter la désolidarisation.
Option 2 : Vente du bien
Les deux vendent le bien, remboursent le crédit (avec éventuelles IRA) et se partagent le produit de la vente.
Option 3 : Maintien en indivision
Les deux restent co-propriétaires et continuent de rembourser en attendant une décision. Solution temporaire souvent source de conflits.
Co-emprunt et régimes matrimoniaux
- Mariés en communauté réduite aux acquêts : le bien acquis pendant le mariage appartient aux deux. Simple.
- Mariés en séparation de biens : chaque époux est propriétaire à hauteur de son apport dans les actes. Plus complexe mais plus protecteur.
- Pacsés : régime par défaut = séparation de biens depuis 2007. Chaque partenaire est propriétaire de sa quote-part.
- Concubins : propriétaires en indivision selon les actes. Important de bien définir les quotes-parts dans l'acte notarié.
Emprunter entre amis ou en famille : précautions
C'est légal mais très risqué. Un conflit personnel peut bloquer la vente ou créer des situations inextricables. Si vous choisissez cette voie :
- Rédigez une convention d'indivision chez le notaire
- Définissez clairement les quotes-parts et les modalités de sortie
- Anticipez le scénario de mésentente
L'assurance emprunteur en co-emprunt
En co-emprunt, chaque personne doit être assurée. La quotité d'assurance (% du capital couvert par chaque personne) doit totaliser au minimum 100 %. Il peut être 50/50 ou 70/30 selon les profils de risque et les revenus. Pour une protection maximale, visez 200 % (chacun assuré à 100 % du capital).
En résumé : Le co-emprunt est un levier puissant pour accéder à la propriété mais impose une solidarité totale et des précautions en cas de séparation. Définissez dès le départ les règles du jeu avec un notaire, notamment la répartition des quotes-parts et les modalités de sortie.
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