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Guides Pratiques 9 min

Divorce et crédit immobilier : quelles solutions pour le prêt en commun ?

Que devient votre crédit immobilier en cas de divorce ou séparation ? Désolidarisation, rachat de soulte, vente : toutes les options décryptées.

Séparation et crédit immobilier : un nœud juridique et financier

La séparation d'un couple co-emprunteur pose immédiatement la question du crédit immobilier en cours. La banque ne s'intéresse pas à votre vie personnelle : elle a un contrat avec deux co-emprunteurs solidaires et attend d'être remboursée. Voici les solutions possibles.

La règle de base : la solidarité reste jusqu'à la fin

Un crédit en co-emprunt implique une solidarité totale. Même après le divorce ou la séparation, si votre ex-conjoint ne paie pas, la banque peut vous poursuivre pour la totalité de la dette. Cette solidarité ne cesse pas automatiquement avec la séparation — elle nécessite une démarche active.

Option 1 : L'un des deux reprend le bien et le crédit

C'est la solution la plus fréquente. L'un des partenaires rachète la quote-part de l'autre (la "soulte") et fait reprendre le crédit à son seul nom.

Calcul de la soulte :

  • Valeur du bien (estimation immobilière) : 320 000 €
  • Capital restant dû : 180 000 €
  • Valeur nette du bien : 140 000 €
  • Quote-part de chacun (50/50) : 70 000 €
  • Soulte à verser : 70 000 €

Le repreneur doit donc financer la soulte ET convaincre la banque qu'il peut assumer le crédit seul. La banque analysera son taux d'endettement individuel.

Condition impérative : le taux d'endettement du repreneur seul ne doit pas dépasser 35 %. Si ses revenus seuls ne permettent pas de supporter la mensualité, la banque refusera la désolidarisation.

Option 2 : Vente du bien

Si aucun des deux ne peut ou ne souhaite reprendre le bien, la vente est la solution la plus propre. Le produit de la vente permet de rembourser le crédit (avec éventuelles IRA) et le solde est partagé entre les co-emprunteurs.

Points de vigilance :

  • Les IRA peuvent représenter jusqu'à 3 % du CRD
  • Si le bien a perdu de la valeur, le produit de la vente peut ne pas couvrir le CRD (vente en perte)
  • La vente peut prendre 3 à 6 mois : qui paie les mensualités en attendant ?

Option 3 : Maintien en indivision temporaire

Les deux restent co-propriétaires et remboursent le crédit ensemble, dans l'attente d'une décision définitive. C'est souvent une solution par défaut plutôt qu'une vraie stratégie.

Risques : tensions liées au partage des charges, impossibilité de vendre sans accord commun, difficultés si l'un cesse de payer.

La procédure de désolidarisation

Pour qu'un co-emprunteur soit retiré du crédit, il faut l'accord explicite de la banque. La procédure type :

  1. Estimation du bien par un agent immobilier ou notaire
  2. Calcul de la soulte et de la capacité individuelle du repreneur
  3. Dossier complet soumis à la banque (revenus, charges, taux d'endettement seul)
  4. Accord de la banque (délai : 2 à 4 semaines)
  5. Acte notarié formalisant la désolidarisation et le rachat de soulte
  6. Mise à jour du contrat de prêt par la banque

Divorce par consentement mutuel : le rôle du notaire

Depuis 2017, le divorce par consentement mutuel est enregistré chez un notaire (sans juge). La convention de divorce doit mentionner explicitement le sort du bien immobilier et du crédit. Le notaire peut coordonner la désolidarisation dans le même acte que le divorce.

Financer la soulte : les solutions

Le repreneur peut financer la soulte de plusieurs façons :

  • Prêt immobilier supplémentaire adossé au crédit existant
  • Prêt personnel pour les soultes modestes (< 75 000 €)
  • Trésorerie personnelle si disponible
  • Rachat global du crédit incluant la soulte (nouveau prêt couvrant CRD + soulte)

Et si la banque refuse la désolidarisation ?

La banque peut refuser si le repreneur ne présente pas une solvabilité suffisante. Dans ce cas :

  • Présenter un garant (parent, proche)
  • Allonger la durée du crédit pour réduire la mensualité
  • Apporter un remboursement partiel anticipé pour réduire le CRD
  • Trouver un repreneur tiers (ami, famille)

En résumé : La séparation et le crédit immobilier partagé nécessitent une démarche organisée. Faites estimer le bien, calculez la soulte, vérifiez votre capacité d'emprunt seul, puis approchez la banque pour une désolidarisation. Un notaire et/ou un courtier peuvent vous accompagner efficacement dans cette démarche.